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Paulina Jonquères d’Oriola le 14 février 2016

Les adultes surdoués ont tous été des enfants précoces, mais beaucoup l’ignorent. A terme, une partie de ces adultes à haut potentiel tombe dans une certaine forme de souffrance. Spécialiste de la précocité intellectuelle et de la douance, Monique de  vient de publier un ouvrage afin de prouver que le bonheur reste à leur portée. Nous avons profité de son passage à Villeurbanne lors d’une conférence pour lui poser quelques questions.

Dans le monde, on estime qu’environ 2 à 5% de la population est surdouée. Pour autant, une certaine proportion d’adultes ignore disposer de grandes capacités. « Les adultes ont encore des scrupules à consulter car ils se disent que s’ils avaient été surdoués, ils le sauraient et auraient réussi de manière étincelante leur vie », explique Monique de Kermadec. Pourtant, tout adulte surdoué a été un enfant précoce, et le demeure ! Il est totalement possible qu’il n’ait pas été détecté. Comme nous l’explique Monique de Kermadec, la plupart des adultes qui s’intéressent à leur douance le font lorsqu’ils accompagnent leur propre enfant en consultation. Fort heureusement, les médias parlent de plus en plus de l’adulte surdoué, et certains viennent aussi consulter directement la psychologue, sensibilisés par un livre qu’ils ont lu ou poussés par un proche les invitant à se poser la question de leur potentiel intellectuel.

Surdoué malgré des études médiocres ?

Si certains adultes surdoués réussissent brillamment (que l’on en entende parler dans les médias ou pas), d’autres n’ont pas trouvé leur voie, et n’ont pas suivi d’études flamboyantes. Souvent, ces individus sont en souffrance, voire peuvent tomber dans la dépression après avoir renoncé à trouver ce qui leur correspondait. Il n’est d’ailleurs pas rare qu’un enfant précoce soit en échec scolaire, parce qu’il n’a pas suffisamment été incité à développer ses autres formes d’intelligence.

En effet, on réduit souvent un enfant précoce à des capacités cognitives, mais pour s’épanouir pleinement, il doit aussi développer deux autres formes d’intelligence : émotionnelle et relationnelle, qui lui font souvent défaut. Monique de Kermadec va même plus loin en invitant les surdoués à développer aussi leurs intelligences pratique et créative. « L’intelligence créative suppose de s’autoriser à penser différemment, hors du cadre, ce qui n’est souvent pas valorisé par le système scolaire », soutient-elle. Le jeune surdoué peut également avoir tendance à se reposer sur ses acquis, alors qu’il doit aussi travailler !

Rien n’est perdu

Ce n’est pas parce que l’adulte surdoué n’a jusque lors pas exploité ses capacités qu’il en est réduit à mener une vie peu satisfaisante. Avec son livre L’adulte surdoué à la conquête du bonheur (1), Monique de Kermadec entend rompre avec cette idée que la douance serait liée à la souffrance. Il est toujours possible d’aider un adulte surdoué à identifier ses atouts afin qu’il mène une vie plus heureuse.

Des adultes surdoués souvent incompris

Les adultes surdoués ont de nombreux points en commun qu’il est important d’exposer. « Plus on informe le public, plus il y a de personnes qui pourront se reconnaître », souligne Monique de Kermadec.  Les adultes surdoués ont souvent cette impression de s’être toujours sentis différents et critiqués pour leur singularité. Ils ont aussi éprouvé des difficultés à vivre au rythme des autres, ont toujours eu tendance à s’enthousiasmer plus fort que les autres, ou à être bien plus exigeants. Incomprise, cette différence a souvent été perçue comme négative dans leur esprit.

La psychologue a établi trois caractéristiques typiques de l’adulte surdoué :

-la complexité de la pensée

-l’intensité du ressenti des émotions

-une urgence à faire et à agir

D’après la spécialiste, « ces adultes ne se contentent pas de la réussite telle que la société l’a définie. Ils sentent qu’ils doivent pouvoir s’accomplir et apporter quelque chose au monde dans lequel ils vivent ».

Comment aider un adulte surdoué ?

Une personne non détectée comme surdouée et se reconnaissant dans ces critères a tout intérêt à aller voir un spécialiste de la douance. Cet entretien pourra lui permettre de rassembler les pièces du puzzle. Pour certains, le test de QI est essentiel, pour d’autres il est secondaire. « Je leur explique toujours que le QI ne va apprécier qu’une partie de ce qu’ils sont. On peut ne pas avoir un QI supérieur à 130 mais pour autant présenter des résultats intermédiaires très intéressants, c’est à dire montrer des points de force dans certains domaines », soutient la spécialiste.

Comme évoqué ci-dessus, la souffrance de l’adulte surdoué n’est absolument pas une fatalité. Mais pour la dépasser, il convient de mener un vrai travail de fond pour identifier ses sources. Pour certains, quelques séances suffiront, pour d’autres, une thérapie plus longue pourra être nécessaire. Le but ultime étant d’aider l’adulte surdoué à trouver sa voie, une voie qui sera peut-être différente de celle qui lui a permis jusqu’ici de gagner beaucoup d’argent, car l’adulte surdoué a besoin d’entrer aussi dans une dimension spirituelle (sans connotation religieuse). Certaines personnes auront aussi besoin de consolider une image positive d’elles-mêmes car jusqu’ici, elles seront restées dans une forme d’échec.

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Fabienne Lacroix
Votre coach accompagnant
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